Étui à aiguilles orné d’une grande figure humaine

Référence : 6264

Défense de morse (Odobenus rosmarus) , cuir
Dimension : Hauteur : 13 cm
Epoque présumée : 12ème – 16ème siècle
Culture Thulé, Eskimo ancien
Alaska, USA

Provenance
Collection Jeffrey R. Myers, New York
Collection Amy & Elliot Lawrence, New York, acquis du précédent
Sotheby’s New York, American Indian Art, 18 janvier 2023, lot 710
Collection Galerie Flak, Paris
Collection Guy Porré et Nathalie Chaboche, acquis de la précédente

Publication
Art of the Ancestors: Antique North American Indian Art, Aspen Museum of Art, George Everett Shaw, 2004, reproduit p. 85

D’après Fitzhugh et Kaplan (dans Inua: Spirit World of the Bering Sea Eskimo, 1982 : 156), les figures sculptées en ivoire permettaient de figurer la présence de certains membres importants du village ou du clan lorsque ces derniers devaient quitter momentanément le village (notamment pour des expéditions de chasse ou de pêche). Ces figures servaient également de charmes de fertilité et pouvaient servir lors des cultes aux ancêtres. Enfin, elles visaient à attirer l’attention de l’inua (l’esprit) des animaux pour assurer le succès des expéditions de chasse et de pêche.
Les équipements de couture constituent un élément essentiel pour les chasseurs des régions arctiques. Dans un environnement aussi hostile, les nécessaires à couture sont des outils de survie indispensables aux populations locales.
Ces kits comprenaient généralement des aiguilles en cuivre, ivoire ou os, du fil de tendon, une alène, un dé, du cuir pour ranger les aiguilles, un étui à aiguilles en os ou en ivoire, ainsi qu’un bouton en os permettant d’attacher l’étui à un vêtement. Tout voyageur, homme ou femme, en possédait un, car la moindre déchirure dans la coque en peau d’un kayak nécessitait une réparation immédiate. Le chasseur devait alors coudre et réparer sur place sans délai.

Permettant d’entretenir des vêtements adaptés aux conditions extrêmes, l’aiguille et son étui étaient, selon la conservatrice du Sainsbury Centre, Amber Lincoln (Norwich, Royaume-Uni), « sans conteste possible, la technologie la plus importante de l’Arctique, point final. » Cette importance se reflétait dans le soin apporté à leur fabrication, avec des étuis finement sculptés, conçus pour protéger les délicates aiguilles en os.

Comme le note Steven Hooper dans The Robert and Lisa Sainsbury Collection, Vol. 2: Pacific, African and Native North American Art (Yale University Press, 1997) p. 248), les étuis à aiguilles figurant un personnage humain sont éminemment rares.

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