Masque de chaman

Référence : 1251

Bois d’épicéa de Sitka ou épinette (Picea sitchensis), pigment,
plumes de grand corbeau1 servant de support à des éléments en bois.
Dimensions : Hauteur du masque 28 cm, Hors tout 60 cm environ
Epoque présumée : Vers 1900-1930
Population Yup’ik
Ile de Nunivak
Alaska, USA

Provenance :
Collecté dans le village de Tununak, Nelson Island Alaska
Par descendance conservé dans la famille Inuit, Bethel, Alaska
Collection Jeffrey Myers, New York
Finch & Co. London,
Catalogue 2016 « Distant times / Distant Islands », illustré n°44
Collection Dr Andreas & Kathrin Lindner, Munich
Collection Adrian Schlag, Bruxelles

Ce masque présente une structure complexe centrée sur un visage humain.

Il est entouré d’un double cercle dénommé ellanguat2 autour duquel gravitent de nombreux éléments figuratifs (phoque et ses nageoires, deux queues de baleine et formes géométriques).

Très admirés et collectionnés par les artistes tels que Georges Braque ou Henri Matisse et les membres du mouvement surréaliste ce masque  était  porté par le chaman  pour faciliter la communication et les déplacements entre les mondes (le visible et l’invisible, les hommes et les esprits, les vivants et les morts…).

La forme épurée et le modelage subtil et détaillé de la surface de ce magnifique masque sont caractéristiques de la tradition des masques de l’île de Nunivak dans le détroit de Béring.

Tununak est un village  situé dans le Nord est de l’ile Nelson en Alaska. Vu la proximité avec l’ile de Nunivak, il est probable que ce masque est été fabriqué sur cette ile puis déplacé vers l’ile Nelson

Selon Ann Fienup-Riordan3  ce type de masque représente dans la tradition Yup’ik le saumon ayant sauté hors de l’eau et tombé sur la berge pour prendre la forme d’une personne vivante.

1- Plumes d’oiseaux de la famille des Corvidae de l’espèce grand corbeau (Corvux corax). Espèce non réglementée au titre de la convention de Washington (CITES) et du règlement Communautaire européen E 338/97 du 9 décembre 1996 et au code de l’environnement français

2- Les ellanguat sont en fait de grands cerceaux de bois sertis de plumes que l’on utilisait à certaines cérémonies pour signifier les mondes superposés qui composent l’univers Yup’ik.  Les cercles concentriques qui entourent les masques ont une signification analogue et représentent le double monde des esprits humains et animals.

3- Ann Fienup-Riordan 1996. The living tradition of Yup’ik mask, your Way of making prayer. University of Washington Press Seatle & London, p.242

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